mercredi 25 février 2026

De « La duchesse en sabots » aux « sabots de la duchesse » : Anne la boiteuse

 

Tout le monde ou presque en Bretagne, et souvent au-delà, a évidemment entendu parler de la duchesse Anne (1477-1514), deux fois reine de France par ses mariages successifs avec Charles VIII et Louis XII, personnage tout autant mythologique qu’historique à raison de ce qui se raconte sur cette princesse et qui se révèle souvent insuffisamment documenté. Si, par exemple, le fait qu’elle fût boiteuse semble avéré grâce à des témoignages contemporains précis et circonstanciés, plusieurs légendes rapportées à son sujet, parfois fort tardivement, sont parvenues à s’ancrer dans ce qu’on appelle, un peu vaguement et sans toujours possibilité ou volonté de contrôle, la « tradition populaire »[1] : c’est le cas de l’évocation d’Anne sous les traits d’une « duchesse en sabots », sorte de « princesse du peuple » comme on l’a dit naguère de Lady Diana Spencer.

 

I

La date et les circonstances dans lesquelles la légende de la « duchesse en sabots » a été « inventée » ne font pas beaucoup de doutes : elle trouve son origine dans la variante d’une chanson certes connue depuis le XVIe siècle[2], mais variante particulièrement tardive puisque collectée pour la première fois en 1880 à Saint-Sulpice-la-Forêt par Adolphe Orain aux dires mêmes de ce dernier[3]. Dès l’époque de cette découverte très opportune, les autres folkloristes du temps, en particulier Emile Rolland[4] et surtout Paul Sébillot[5] ont considéré qu’il s’agissait au mieux d’un texte interpolé, arrangé, voire d’ « un pastiche fait vraisemblablement il y a une cinquantaine d’années », comme devait l’écrire Sébillot en 1900[6], évidemment de manière à lever les soupçons de faux qui pesaient sur Orain. François Luzel ayant également fait part de ses doutes, Orain s’avisa, compte tenu de la réputation du « tombeur » de La Villemarqué, qu’il était sans doute plus prudent de mettre en pratique l’adage selon lequel « faute avouée est à moitié pardonnée » ; mais, dans la manière dont Luzel dit avoir reçu et accepté ces explications, on peut aisément constater qu’il n’avait pas été véritablement convaincu par les explications du collecteur : nous donnons en annexe la relation que Luzel a donnée de ces échanges, car son texte constitue une belle démonstration de la manière dont s’exprime l’esprit trégorois, – une sorte de tongue-in-cheek propre aux natifs de l’Attique bretonne[7].

                                                                                                                                         Dessin d'Hérouard

Quoi qu’il en soit, le doute, sinon les réticences des meilleurs spécialistes de folklore de l’époque n’ont pas empêché cette chanson de connaître un grand succès qui est à l’origine, comme nous l’avons dit, de la légende de la duchesse ensabotée, aussitôt célébrée par les poètes et les chansonniers (Léon Durocher[8], Frédéric Le Guyader dit Frédéric Fontenelle[9], Louis Tiercelin[10]), puis durablement relayée par les biographes-romanceurs ou les romanciers-biographes de la princesse (Georges-Gustave Toudouze[11], Yves-Marie Rudel[12]), avant d’être « démontée » et rejetée par les historiens (Georges Minois[13], Didier Le Fur[14], Joël Cornette[15]), qui l’ont abandonnée aux faiseurs de guides et dictionnaires touristiques (Claude Dervenn[16], Daniel Lacotte[17], Patrick Poivre d’Arvor[18]) ; encore certains historiens utilisent-ils encore à l’occasion, par antiphrase et de manière entendue, le surnom de « duchesse en sabots » pour parler d’Anne de Bretagne (Philippe Tourault[19], Claire L’Hoër[20], Laurence Moal[21]).

*

Déconnotée de manière absolue de son idéologie ruralo-ducale, qui a rapidement donné au pastiche d’Adolphe Orain, une véritable dimension d’hymne patriotique, en particulier pour les Bretons de Paris, cette histoire de sabots mérite d’être examinée à nouveaux frais et dans une perspective différente : naturellement nous restons dans le domaine anecdotique ; mais attendu la valeur symbolique qui, parfois, s’attache aux historiettes, il importe que celles-ci soient vérifiées. A cet égard, deux remarques préalables s’imposent :

-       -  Tout d’abord, au temps de la duchesse, l’usage de sabots n’était pas l’apanage de la seule paysannerie, comme le sous-entend la légende que nous avons rappelée, car on les voit à l’époque,sous leur forme la plus raffinée évidemment, – portés, en particulier en Italie, par les membres féminins de l’aristocratie.

                                                                                                                                    Zoccoli (XVe siècle) Musée Viterbe

-         - Ensuite, l’un des témoignages les plus crédibles,d’autant qu’il est contemporain, – sur la boiterie d’Anne de Bretagne indique de manière explicite comment la princesse compensait adroitement son infirmité en ayant recours à ce type de chaussures, dont elle ajustait la hauteur des talons[22].

Ce témoignage, qui brosse à traits rapides un portrait physique et moral d’Anne quelques mois après son mariage avec Charles VIII, – on le doit à l’ambassadeur de Venise auprès du roi de France, Zaccaria Contarini[23] :

La regina è di età di anni diciassette, piccola anche lei e scarna di persona, zoppa da un piede notabilmente, ancora che si aiuti con zoccoli, brunetta e assai formosa di volto, e per la età sua astutissima, di sorte che quello che si mette in animo, o con risi o con pianti, omnino lo vuole ottenere. È gelosa e avida della maestà del re oltramodo, tanto che da poi che è sua moglie ha preterito pochissime notti che non abbia dormito con sua maestà, ed in questo ha anche fatto buona operazione rispetto che la si trova gravida in mesi otto[24] .

(« La reine a dix-sept ans, petite et maigre de sa personne, visiblement boiteuse d'un pied, encore qu’elle s’aide de sabots, brune et jolie de visage, extrêmement futée pour son âge, de sorte que tout ce qu’elle a en tête, elle l'obtient par le rire ou par les larmes. Elle est jalouse et avide de la majesté du roi au-delà de toute mesure, à tel point que depuis qu'elle est devenue sa femme, elle a passé peu de nuits sans coucher avec sa majesté et, dans ce domaine également, elle a fait du bon travail, attendu qu’elle se trouve enceinte en huit mois »)[25].

Le témoignage de Contarini vient en outre confirmer celui, un peu antérieur, de l’ambassadeur de Milan, Erasmo Brasca, sur le fait que la future reine était effectivement boiteuse (et in effecto è un pocho zoppa), comme il l’avait appris du seigneur d’Aubigny[26], lequel fut présent, avec plusieurs Grands du royaume à la vérification in naturalibus de la bonne condition physique d’Anne[27]. La procédure peut apparaître humiliante, sinon dégradante ; « mais », estime Yvonne Labande-Mailfert, qui donne d’autres exemples d’une telle exhibition, « Anne savait certainement que telle était la coutume, au moins pour une princesse »[28], dont on attendait avant tout que sa constitution lui permette de donner un héritier à la couronne, ainsi que des cadets pour prendre la place en cas de disparition précoce de l’aîné.

 

II

Les représentations (peintures, miniatures, vitraux, statues) d’Anne ne permettent pas de déceler son infirmité, car ni ses pieds, ni bien évidemment ses jambes, n’apparaissent jamais découverts, à l’exception du transi de la princesse, lequel, avec celui de Louis XII, ornait, si l’on peut dire, – leur imposant tombeau dans la nécropole de Saint-Denis[29] : les époux royaux sont représentés quasi-nus, décharnés, saisis dans leurs derniers instants, leurs statues ayant été sculptées à partir des moulages en cire de leurs corps, qui avaient été réalisés lors des opérations d’embaumement des monarques ; mais, tandis que « les doubles funérailles d’Anne de Bretagne » ont récemment fait l’objet d’un travail approfondi par Jacques Santrot[30], personne, à notre connaissance, ne s’est encore intéressé au transi de la reine-duchesse dans la perspective de déterminer, ou du moins de mieux comprendre les causes de son infirmité.
















                                                                                                                                                                

                                                                                                                              Au dessus de l'apôtre les pieds de la reine

Il y a loin de cette représentation macabre, particulièrement réaliste, voire hyperréaliste, au portrait d’Anne brossé par Brantôme dans ses Vies des femmes illustres, principalement grâce aux témoignages recueillis auprès de ceux qui avaient vu la princesse (Elle estoit belle et agréable, ainsy que j ’ay ouy dire aux anciens qui l’ont veue[31]) ; mais l’écrivain indique en outre avoir disposé d’un portrait vivant de son modèle en la personne de Renée de Rieux, dite « la belle Chateauneuf », une Bretonne elle-aussi[32] :

Selon son portraict que j'ay veu au vif et ressembloit en visage à la belle damoiselle de Chasteauneuf, qui a esté à la cour tant renommée en beauté ; et cela suffise pour dire sa beauté, ainsy que je l’ay veue figurer à la reyne mere[33].

                                                                    Renée de Rieux, demoiselle de Chateauneuf

Brantôme insiste sur la boiterie d’Anne, dont il souligne qu’elle n’altérait en rien la beauté de la princesse :

Sa taille estoit belle et médiocre. Il est vray qu’elle avoit un pied plus court que l’autre, le moins du monde ; car on s’en appercevoit peu, et malaisément le cognoissoit-on : dont pour cela sa beauté n’en estoit point gâtée ; car j ’ay veu beaucoup de très-belles femmes avoir ceste legere défectuosité, qui estoient extresmes en beauté, comme madame la princesse de Condé, de la maison de Longueville[34].

Le texte de Brantôme, s’il est bien conforme au « portrait parlé » d’Anne que lui en ont fait les contemporains de cette dernière, – et, surtout, si l’écrivain n’a pas été trop ébloui par la lumineuse beauté de Renée de Rieux, – vient équilibrer certaines représentations de la reine-duchesse où elle ne figure pas toujours à son avantage, souvent figurée avec un « pif en trompette » et des « lèvres en rebord de vase » comme l’écrit Huysmans à propos de sa statue du jardin du Luxembourg[35], à l’opposé complet du nez délicat et des lèvres minces de son transi, comme on l’a vu.

*

Si donc Brantôme célèbre la beauté de la reine-duchesse, sa conclusion consiste cependant en une allusion salace sur les boiteuses, une petite « salauderie » pour employer un mot de son vocabulaire :

Encor dit-on que l’habitation de telles femmes est fort délicieuse, pour quelque certain mouvement et agitation qui ne se rencontre pas aux autres[36].

S’agit-il de l’expression d’un fantasme propre à Brantôme, d’autant qu’une mauvaise chute de cheval l’empêchait alors d’aller courir la grisette ou la grande dame ?

En fait cette réputation faite aux femmes boiteuses était commune à l’époque. On la retrouve notamment sous la forme d’un dicton d’Italie, celuy ne cognoit pas Venus en sa douceur qui n’a couché avec la boiteuse, – rapporté par Guillaume Bouchet[37] et par Montaigne[38], que dernier étend aux individus des deux sexes, en rappelant un adage connu depuis l’Antiquité grecque :

La fortune, ou quelque particulier accident, ont mis il y a long temps ce mot en la bouche du peuple, et se dict des masles comme des femelles : car la Royne des Amazonnes, respondit au Scyte qui la convioit à l’amour, αριστα χωλος οιφει, le boiteux le faict le mieux. En cette republique feminine, pour fuir la domination des masles, elles les stropioient des l’enfance, bras, jambes, et autres membres qui leur donnoient avantage sur elles, et se servoient d’eux à ce seulement, à quoy nous nous servons d’elles par deçà[39].

Montaigne voit dans cette opinion ancienne et partagée sur la sexualité des boiteuses et des boiteux l’occasion de s’interroger sur la manière dont la tradition, nourrie en permanence par l’imagination, influence les comportements :

Car, par la seule authorité de l’usage ancien et publique de ce mot, je me suis autresfois faict à croire avoir reçeu plus de plaisir d’une femme de ce qu’elle n’estoit pas droicte[40].

*

… Mais nous n’irons pas plus loin en la matière, qui nous conduirait bien loin de l'objet de la présente notule.


André-Yves Bourgès

 

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Annexe

François Luzel, Extrait de la « Préface » à l’ouvrage de Louis Orain, Glossaire patois du département d’Ille-et-Vilaine, suivi de chansons populaires avec musique, Paris, 1886, p. vi-vii.

« C'est avec plaisir et un bonheur réel que j'ai vu figurer, en tête de vos chansons populaires, celte charmante cantilène des Sabots de la Reine Anne, une vraie perle, dont nous vous devons la découverte, et que nous avons si souvent chantée en chœur, avec un entrain et un enthousiasme tout patriotiques, — en vrais Bretons, — aux Dîners celtiques de Paris, de Tréguier et de Quimper.

Eh bien ! je dois vous avouer que ce petit chef-d'œuvre de grâce naïve, de sentiment et de patriotisme breton, m'a toujours inspiré des doutes sérieux sur sa parfaite authenticité, et je ne pouvais me résigner à croire qu'il fût sorti de la mine populaire, tout à fait dans l'état où vous nous le présentiez. Il est si rare de rencontrer une vraie chanson populaire sans quelque défaillance de goût ou de forme, que j'étais intimement convaincu qu'un lettré, un homme de goût, — vous ou un autre, un inconnu peut-être, — avait dû intervenir, peu ou prou. Je vous ai fait part de mes doutes à ce sujet, et, avec votre franchise et votre loyauté ordinaires, vous m'avez répondu ce qui suit :

‘’Le paysan de la forêt de Rennes qui m'a chanté la chanson : Les Sabots de la Reine Anne, n'en connaissait qu'imparfaitement les paroles ; il estropiait les vers et remplaçait le dernier couplet par celui-ci :

Et la bonn’ vill’ de Rennes, — avec des sabots,

Est chef lieu d'Ille-et-Vilaine,

En sabots, mirlitontaine, etc.

 

Je me suis vu dans la nécessité de substituer à ce couplet cet autre de ma façon :

Les Bretons sont dans la peine, — avec des sabots ;

Ils n'ont plus leur souveraine,

En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah !

Vive les sabots de bois I

 

Qu'eussiez- vous fait, à ma place ? Le joli petit poème devenait grotesque avec cette fin, et ne valait-il pas mieux le compléter ? Blâmez-moi, si vous l'osez !...’’

Non, je ne vous blâmerai point, mon cher ami ; l'important était de connaître quelle est au juste votre part d'intervention dans « les Sabots de la Reine Anne » ; nous les avons aujourd'hui, et tout est pour le mieux, et je ne puis que vous féliciter et vous être reconnaissant de la découverte de cette charmante chanson, d'un caractère si vraiment breton, bien supérieure à notre vieille Hani goz, et qui est à la veille de devenir notre chant patriotique.

Les versions que vous en donnez, pages 147 et 149, sous le titre de Variantes, me semblent être la vraie chanson populaire, dont l'autre n'est qu'une heureuse adaptation. Il convient de remarquer que le nom de la reine Anne ne se trouve dans aucune de ces deux versions. On y voit bien figurer le fils du Roi et trois capitaines, qui sont un des éléments les plus ordinaires des chansons du peuple, et le vers :

Il a fleuri, je suis reine !

paraît avoir inspiré, soit à vous, soit à un autre, l'idée de l'introduction de la reine Anne, pour donner à la pièce un caractère historique plus précis.

En résumé, la pièce est vraiment d'origine populaire, avec quelques retouches et arrangements, dans la forme, — sans doute aussi l'introduction de la reine Anne, — et voilà le point que je voulais éclaircir ».

 



[1] Jean Markale, Les Grandes heures de la Bretagne, Pygmalion, 2008, p. 418, évoque ainsi « celle que la tradition populaire a surnommée ‘’la duchesse en sabots’’ », sans aller au-delà de la formule.

[2] Julien Tiersot, « La chanson ‘’En passant par la Lorraine’’ au XVIe siècle », Revue des traditions populaires, 2 (1887), p. 249-256.

[3] Adolphe Orain, « Les sabots de la reine Anne, ronde du Morbihan », Revue de Bretagne et de Vendée, 50 (1881), p. 148-149 ; Idem, Glossaire patois du département d’Ille-et-Vilaine, suivi de chansons populaires avec musique, Paris, 1886, p. 145-150.

[4]  Emile Rolland, « Un livre de M. Orain », Mélusine, 3 (1886-1887), col. 224 [CR du livre signalé à la note précédente].

[5] Paul Sébillot, CR du livre signalé, supra n. 3, Revue des traditions populaires, 2 (1887), p. 44-45 ; idem, « Quelques héros populaires de la Bretagne », Congrès archéologique de France, 53e session, Nantes, 1886, Paris-Caen, 1887, p. 336-337 ; Id., Le Peuple et l’histoire. Les souvenirs historiques et les héros populaires, Vannes, 1889, p. 18-19 ; id., Légendes locales de la Haute-Bretagne. 2e partie. L’histoire et la légende, Nantes, 1900, p. 184.

[6] Idem, Légendes locales de la Haute-Bretagne…, p. 184.

[7] C’est François Luzel qui, dès 1863 et encore en 1887, a désigné le Trégor comme « l’Attique de la Basse-Bretagne » ; mais Gustave Flaubert et Maxime Du Camp dans le récit à quatre mains de leur périple breton effectué en 1847, attribuent cette heureuse formule à Pitre-Chevalier, qui, d’après leurs dires, l’appliquait au Léon.

[8] Voir le compte-rendu de son ouvrage Clairons et binious, Paris, 1886, par PZ, Le Livre. Revue du monde littéraire, 8e année (1887), p. 132-133.

[9] L’ère bretonne, Paris, 1896, p. 190.

[10] « Les petits sabots d’Anne de Bretagne – Vers récités au pardon de Montfort-L’Amaury », La Bretagne qui chante, Paris, 1904, p. 46-49.

[11] Anne de Bretagne, duchesse et reine, Paris, 1950 ; du même, Anne, duchesse de Bretagne, reine de France, Paris, 1959.

[12] Le Roman d’Anne de Bretagne, Paris, 1965.

[13] Anne de Bretagne, Paris, 1999.

[14] Anne de Bretagne, miroir d'une reine, historiographie d'un mythe, Paris, 2000.

[15] Anne de Bretagne, Paris, 2021.

[16] « La duchesse en sabots », Hommes et cités de Bretagne, Paris, 1965.

[17] « Anne de Bretagne (1477-1514), la duchesse en sabots », Les Surnoms les plus célèbres de l’Histoire, Paris, 2010.

[18] « Anne de Bretagne », Les 100 mots de la Bretagne, Paris, 2012.

[19] Anne de Bretagne, Paris, 1990.

[20] Anne de Bretagne, duchesse et reine de France, Paris, 2020.

[21] « La duchesse « aux sabots » : la Bretonne idéale ? », Duchesses. Histoire d’un pouvoir au féminin en Bretagne, Rennes, 2021.

[22] C’est comme cela que l’avait compris Charles Le Goffic, « Anne de Bretagne à Blois », L’äme bretonne, 4e série, Paris, 1924, p. 70 : « Ajoutez que notre bonne duchesse, petite et de ‘’taille menue’’, claudicait légèrement et que, pour dissimuler sa boiterie, elle chaussait des patins inégaux ».

[23] Eugenio Alberi, Le Relazioni degli ambasciatori Veneti al senato durante il secolo decimosesto, série I, volume IV, Firenze, 1860.

[24] Ibidem, p. 16.

[25] Notre traduction a été revue par Mme Chiara Garavaglia que nous remercions pour ses suggestions.

[26] Il s’agit de Bérault Stuart (vers 1452-1508), qui a connu une triple carrière, militaire, diplomatique et littéraire.

[27] Yvonne Labande-Mailfert, « Le mariage d'Anne de Bretagne avec. Charles VIII vu par Erasme Brasca », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 55 (1978), p. 26 et n. 23.

[28] Ibidem.

[29] Ce monument a été commandé par le roi François 1er aux frères de Giusti, Italiens établis à Tours où leur patronyme avait été francisé en Juste : voir Marion Boudon-Machuel, « Antoine, Jean et André Juste à Tours », Béatrice de Chancel-Bardelot, Pascale Charron, Pierre-Gilles Girault et Jean-Marie Guillouët (dir.), Tours 1500 Capitale des arts, Paris-Tours, 2012, p. 197-199.

[30] Jacques Santrot, Les doubles funérailles d'Anne de Bretagne. Le corps et le cœur (janvier–mars 1514), Genève, 2017.

[31] Louis Moland (éd.), Brantôme, Vies des dames illustres, Paris, 1868, p. 3.

[32] Daniel Christiaens et Wladimir Chichkine, « Une figure de l'escadron volant : Renée de Rieux, la baronne de Castellane », Proslogion. Studies in Medieval and Early Modern Social History and Culture, 5 (2019), n° 1, p. 144-156.

[33] Brantôme, Vies des dames illustres…, p. 3.

[34] Ibidem.

[35] Joris-Karl Huysmans, En ménage, Paris, 1881, p. 40, fait une description sévère de la statue d’Anne de Bretagne au jardin du Luxembourg : après avoir contemplé à proximité une statue d’Anne d’Autriche, deux amis, Cyprien et André se tournent vers « l’autre [qui] arborait peut-être un port moins imposant et une mine plus canaille, s’il était possible. Étiquetée : « Anne de Bretagne, reine de France, 1476-1514 », elle tenait une corde entre de grands doigts gonflés et mous comme des boudins blancs ; pas plus de gorge et de derrière que la précédente. Avec son pif en trompette, ses lèvres en rebord de vase, son ventre mastoc et son allure arsouille, on l’eût prise pour une marinière qui va haler une barque. — Ce n’est toujours pas avec des bergères comme celles-là qu’on corrompra la jeunesse qui rôde ici, dit Cyprien. Ce sont des bobonnes de maisons suspectes ces princesses-là – Il regarda, sur les socles, les noms des sculpteurs, fut étonné qu’ils ne portassent point la signature de Maindron, jugea ces œuvres dignes de l’auteur de Velléda, une statue vraiment surprenante ». On doit la réalisation de cette statue d’Anne de Bretagne, – qui ne mérite pas les critiques dont l’accable le personnage d’Huysmans, – à Jean-Baptiste Debay en 1846.

[36] Brantôme, Vies des dames illustres…, p. 3.

[37] Troisième Livre des Serées de Guillaume Bouchet, Sieur de Brocourt, 4e édition, Paris, 1615, p. 160.

[38] Michel de Montaigne, Essais, Livre troisième, Bordeaux, 1595, p. 458.

[39] Ibidem.

[40] Ibid., p. 459.