samedi 7 janvier 2017

Les « communes nouvelles » et la néo-toponymie en Bretagne : le cas du Coglais


La dénomination des « communes nouvelles » résulte d’un processus de création toponymique dont l’impact culturel, notamment en Bretagne, a été rappelé lors de récents débats à l’Assemblée nationale[1]. D’aucuns s’intéressent à cette question dans une perspective tout autant politique qu’économique[2], qui n’est pas le point de vue que nous adoptons ici, essentiellement historique et linguistique. On verra cependant que le cas emblématique du pays de Coglais nous amènera à croiser ces différentes approches, dans le cadre de ce qui apparait comme une sorte de « valorisation toponymique » voulue par les élus : en effet, « nommer est un pouvoir. Autant posséder ce qui est plaisant. La tentation est forte de choisir des noms flatteurs. Val de quelque chose, ce n’est pas mal. Hauts de ceci ou cela, c’est encore mieux » [3].


« Communes nouvelles »
Rappelons tout d’abord qu’une « commune nouvelle » vient se substituer par regroupement à des communes dont les caractères spécifiques, notamment les aspects de leur démographie, sont tels qu’ils ne permettent plus à ces « communes historiques » de rester isolées. La naissance de cette collectivité territoriale plus vaste implique une nouvelle dénomination : certaines « communes nouvelles » font alors le choix de garder le nom de la « commune historique » la plus importante en terme de population, ou la plus notoire, tandis que les autres préfèrent se doter d’un nom nouveau. Dans cette seconde éventualité, qui permet de contourner les difficultés d’une compétition entre les « communes historiques » concernées, l’initiative  revient aux différents conseils municipaux, mais les habitants sont parfois invités à faire des propositions originales et appelés à voter pour valider le nom de leur « commune nouvelle ».

Le phénomène connaît un important développement à l’échelle nationale : à l’échelon régional, incluant de notre point de vue le département de la Loire-Atlantique, la Bretagne ne fait pas exception, même si naturellement les différences entre les départements sont manifestes. C’est en particulier le cas s’agissant des aspects de dénomination : si, en Finistère, les regroupements se contentent le plus souvent, de manière pragmatique, d’accoler entre eux les noms des « communes historiques » impliquées, pour composer le nom de la « commune nouvelle », ceux qui sont intervenus récemment dans les Côtes-d’Armor et en Morbihan mettent en œuvre des procédures plus complexes : sont ainsi mis à contribution noms de terroir, d’abbaye ou de château[4], références « hydronymiques »[5], sous une forme plus ou moins poétisée[6], – laquelle n’est pas sans rappeler à l’occasion la sonorité de certains noms commerciaux, savamment concoctés par les experts du marketing[7] –, qui témoignent d’une certaine réflexion sur les enjeux néo-toponymiques. En revanche, si les nouvelles appellations ne montrent pas de véritable originalité, on voit qu’elles font long feu[8].

Des choix similaires ont présidé à la dénomination des  « communes nouvelles » de la Loire-Atlantique, où là encore apparaissent des mentions de nature « hydronymique »[9], parfois renforcées par une mise en abyme[10] ; mais c’est surtout la référence à un « pays » qui apparaît significative, comme dans le as de celui de Retz, car elle témoigne d’un sentiment d’appartenance[11] qui s’avère partagé au-delà même de l’échelon de la « commune nouvelle ». Par ailleurs, le recours au terme « chaume » dans une acception ancienne, minérale, échappant ainsi à la banalité[12], et l’écho du nom de Bourgneuf perceptible dans celui de Villeneuve, constituent les marques d’une incontestable inventivité néo-toponymique qui ne se résout pas pour autant à être amnésique et/ou à suivre la mode.

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S’agissant de leur dénomination, les trouvailles des « communes nouvelles » d’Ille-et-Vilaine, malgré l’éminence du statut de capitale bretonne octroyé au chef-lieu départemental, ne se révèlent pas plus originales : la notoriété ancienne de Châteaugiron a fait privilégier ce dernier nom pour désigner la collectivité formée avec Ossé et Saint-Aubin-du-Pavail ; le regroupement de Guipry et de Messac a donné naissance à la « commune nouvelle » de… Guipry-Messac ; plus astucieusement, – mais leurs noms se prêtaient facilement à la combinaison –, l’ensemble la Chapelle-du-Lou et le Lou-du-Lac s’appelle maintenant, La Chapelle-du-Lou-du-Lac, véritable « toponyme-valise ». A l’instar de celui de la « commune nouvelle » de Val d’Oust en Morbihan, le nom de Val d’Anast joue à l’évidence d’une certaine homophonie avec Val d’Aoste : comme le souligne Roger Brunet[13], le terme « val » bénéficie au demeurant d’une connotation toponymique globalement positive ; mais si le nom de Val d’Oust se justifie par la présence de la rivière éponyme, celui de Val d’Anast renvoie pour sa part au terroir d’une  paroisse connue à l’époque carolingienne et qui couvrait alors les territoires actuels de Campel et de Maure-de-Bretagne, ainsi que ceux de Bovel, de Loutehel, de Mernel, et de Saint-Séglin. Le Moulin-Denats, en Maure-de-Bretagne, le Bois-Denats, en Bovel, et la Lande d’Anast, qui s’étend de Bovel à Campel constituent les vestiges toponymiques de l’ancienne paroisse d’Anast, dont la vaste étendue devait nécessairement amener le démembrement ; quant au château moderne du Val, en Campel, il prolonge peut-être, au travers d’une seigneurie attestée à partir du XVIe siècle, l’existence d’une ancienne forteresse médiévale. Il nous semble en conséquence assez injuste de décrier le choix du nom Val d’Anast, comme on peut le lire sous la plume du collectif Construire la Bretagne, qui déplore qu’il s’agisse d’un «  nom totalement inconnu par le grand public (sic), même si le mot breton Anast a été trouvé dans le cartulaire de l’Abbaye de Redon de 832. Il est associé à « Val » ( ?) alors qu’aucune rivière ni ruisseau ne porte ce nom qui est, par contre, utilisé localement pour désigner des Landes, un manoir ou un moulin du même nom. Pourquoi pas. Mais ce nom va ramer pour gagner en notoriété et être de quelque part ». Comme si le nom de Campel et même celui de Maure-de-Bretagne bénéficiaient auparavant d’une véritable célébrité ! (Nous disons ceci sans chercher le moins du monde à nous montrer désobligeant, d’autant qu’il s’agit de la situation partagée par l’immense majorité des communes françaises, dont la renommée ne dépasse pas leur immédiate vicinité). En revanche, les critiques de Construire la Bretagne s’avèrent pertinentes s’agissant de l’abandon par les communautés de communes d’Antrain et du Coglais de ce dernier nom : « cet abandon est d’autant regrettable que le nom de Coglais était connu dans toute la Bretagne et au-delà comme ayant initié des dynamiques collectives en se basant sur l’appartenance à un territoire » [14]. En fait, l’affaire ne se limite pas à cette décision des deux collectivités concernées et il faut envisager les « communes nouvelles » du Coglais comme un véritable cas d’école.

Le « nord » ou le « plateau » ? Portrait d’un vieux « pays »
A l’instar de celui de Retz dont nous avons dit plus haut combien ses habitants étaient conscients de partager une destinée commune, enracinée dans un véritable terroir, le Coglais peut s’enorgueillir, à une échelle plus restreinte, de sa longue histoire de « pays » (pagus), ou plus exactement de pagus minor, comme l’a proposé Michel Brand’honneur[15], suivi par Florian Mazel[16] : c’est avec ce statut qu’il figure au milieu du XIe siècle dans plusieurs actes le mentionnant[17]. La consistance de son territoire a été déterminée par les historiens : « il comprenait les paroisses du Châtellier, de Saint-Jean-en-Coglès [aujourd’hui appelée Coglès], du Ferré, de Montours, de Parigné, de Poilley, de Saint-Brice-en-Coglès localisée dans le pagus du Coglès en 1050, de Saint-Étienne-en-Coglès, de Saint-Germain-en-Coglès, de La Selle-en-Coglès et d’une partie de celles de Baillé, de Saint-Marc-le-Blanc, du Tiercent et de Villamée, soit un total de 10 paroisses et de 4 portions de paroisses. Ce territoire est de taille très modeste comparé aux autres pagi minores. Sa petitesse, le fait qu’il intègre des portions de paroisses et qu’il ne se transforme pas ensuite en doyenné, reflètent les bouleversements territoriaux que subit cette entité. Si notre raisonnement est juste, le Coglès aurait dû correspondre à un doyenné vers 1330 or, s’il n’en est rien, c’est parce qu’il a été déstructuré avant 1050. Curieusement, après 1330, cet ancien pagus minor se trouve compris dans le doyenné de Louvigné-du-Désert mentionné dès 1199-1203 avec ses 17 paroisses ce qui est comparable en taille au Vitréen et au Vendelais d’origine. Nous nous demandons dès lors si le Coglès ne s’étendait pas, avant le règne de Conan II, plus au nord, dans le secteur compris entre Couesnon-Sélune-Tronçon »[18]. Cet ensemble, observent à leur tour les géographes, correspond à un plateau assez élevé, mais qui « ne présente dans son ensemble que peu de reliefs marquants. Seuls ses rebords sont appréhendés dans la perception des dépressions de la vallée du Couesnon et du bassin de Fougères qui le bordent. (…) Le plateau tabulaire est creusé par un réseau de cours d’eau formant une étoile autour d’un point central, château d’eau du secteur, situé à l’est de Saint-Germain-en-Coglès. Les vallées ne sont cependant sensibles qu’en périphérie du plateau, quand leur lit s’est creusé suffisamment. Au centre du plateau, une petite série de buttes à Saint-Germain-en-Coglès et au Châtellier créent un relief singulier »[19]. Ces aspects de topographie sont d’autant plus importants qu’ils sont vraisemblablement à l’origine du nom Coglais, que l’on trouve sous la forme Coguelesio (à l’ablatif) dans un acte daté vers 1070[20] : ce nom contient en effet la base oronymique pré-indo-européenne *Kok/kuk[21], qui signifie « hauteur arrondie »[22] et qui s’est rencontrée plus tard avec le latin cucullus, quand ce dernier a pris le sens métaphorique de « hauteur en forme de capuchon »[23]. En outre, le couvert végétal local aux époques anciennes a peut-être donné naissance au nom de la forêt de Quokelunde, qui figure sous la plume de Guillaume de Saint-Pair dans son Roman du Mont-Saint-Michel en vers[24] et qui pourrait résulter de la combinaison du nom du Coglais avec le terme ancien-scandinave lundr, « forêt, bois »[25]. En tout état de cause, il faut rejeter le rapprochement de Coglais avec le vieux-breton *goglez, signifiant « nord », dont le gallois gogledd ou le cornique gogledh auraient gardé le souvenir : ce rapprochement imprudent résulte de l’extrapolation d’un propos d’Eugène Morin qui, lors de la séance du 11 avril 1865  à la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine avait indiqué, faisant écho à l’ouvrage de La Villemarqué[26], que « le mot coglès, mentionné également dans le mémoire de M. Maupillé [sur l’origine des seigneurs de Fougères] se trouve dans les poèmes gallois avec la signification de septentrion »[27] ; rapprochement inlassablement repris depuis cette époque et dont l’inanité se nourrit à l’infini de son succès sur Internet.

Renforcée par ses particularités topographiques et géologiques, la spécificité du pays de Coglais s’est maintenue au cours des siècles, malgré l’intégration de l’ancien pagus dans des cadres élargis, notamment, à l’époque féodale, celui de la baronnie de Fougères ; elle a traversé le bouleversement institutionnel consécutif à la Révolution et le Coglais s’est alors transformé mutatis mutandis en canton ; beaucoup plus récemment, l’intercommunalité a prolongé cette spécificité en l’adaptant une nouvelle fois aux exigences de son temps. Il est donc particulièrement intéressant d’observer comment les « communes historiques » du Coglais ont abordé la question de leur éventuelle évolution en « commune nouvelle », en faisant remarquer au préalable que n’a pas été saisie l’occasion de transformer l’ensemble de la communauté de communes en une seule collectivité territoriale, comme cela a été fait dans le Méné[28]. Le scénario actuel est donc écrit autour de deux initiatives : celle de Coglès, Montours et La Selle-en-Coglès d’une part, celle de Saint-Brice-en-Coglès et de Saint-Etienne-en-Coglès d’autre part ; situation qui, évidemment, ne présume pas de futures évolutions.

S’agissant de la question toponymique, les habitants de Coglès, Montours et La Selle-en-Coglès, après avoir été sollicités pour proposer des noms nouveaux, furent appelés à se prononcer du 3 au 10 septembre 2016 par vote consultatif pour indiquer leur choix entre les cinq néo-toponymes retenus par les élus des trois municipalités : sur 462 suffrages exprimés, « Les Portes du Coglais » est arrivé en tête avec 173 voix, devant « Montselle-en-Coglès » (113), « Les Monts du Coglais » (86), « Les Marches du Coglais » (52) et enfin « Les Hauts du Coglais » (38). On notera au passage qu’indépendamment de l’orthographe choisie, la référence au nom de l’ancien pagus était présente dans tous les cas de figure. Mais y a-t-il une véritable logique à parler de « Portes du Coglais » ? Serait-ce parce que la « commune nouvelle », de par sa situation aux confins normands, constituerait ainsi l’une des portes d’entrée de la Bretagne ? Si l’appellation « Les Hauts du Coglais », un peu vaine, – malgré que l’expression « Les Hauts de… » soit souvent jugée valorisante, du moins à l’échelle finalement bien réductrice où opère le « marketing territorial » [29] –, a largement fait les frais du  bon sens local, il est dommageable que le néo-toponyme « Les Monts du Coglais » ait été écarté, car il avait le double avantage de rendre compte de la réalité topographique locale et de renvoyer à l’étymologie même du nom du Coglais.

Le choix toponymique fait par l’autre « commune nouvelle » du Coglais s’avère beaucoup plus préjudiciable en ce qu’il porte atteinte au patrimoine culturel et contribue, sur le plan historique et linguistique, à la confusion qui caractérise plus généralement notre époque : à une large majorité (305 voix sur 586 suffrages exprimés), les habitants de Saint-Brice-en-Coglès et de Saint-Etienne-en-Coglès ont en effet choisi en mai 2016 d’entériner la décision de leurs élus de baptiser leur « commune nouvelle » Maen Roch. « Maen (Breton : pierre, caillou, rocher) – Roch (Gallo : roc, roche, rocher) », est-il précisé sur le site internet officiel, qui accompagne cette explication de nature étymologique des arguments suivants : « outre le fait que l’exploitation du granit fait toujours partie intégrante de l’économie locale, l’association du breton et du gallo assure un lien avec nos racines. Il y a dans ce nom la symbolique de ce que nous nous sommes en train de construire et une indéniable sonorité poétique et moderne ». Nous donnons bien volontiers acte aux élus de ce que l’exploitation du granite, très ancienne, constitue aujourd’hui encore une caractéristique de l’économie locale, même si, malheureusement, les effectifs concernés ont beaucoup baissé au cours des dernières années, pour se situer en 2015 autour d’une soixantaine de personnes à l’échelle du Coglais, dont la moitié à peu près pour la « commune nouvelle » de Maen Roch[30] ; au passage, formons des vœux pour que l’activité soutenue de fabrication de mythes au parc de la Vallée des saints, à Carnoët, continue d’apporter son soutien au développement de la filière granitière locale[31], plutôt que de faire tailler ses hagio-mastodontes outre-Manche[32], ce qui de plus contribuerait à brouiller encore un peu plus dans l’esprit de son public l’imagerie confuse entretenue par cette entreprise au sujet des migrations en provenance de l’île au haut Moyen Âge. Quant à savoir si la nouvelle appellation est indéniablement dotée d’une « sonorité poétique et moderne », nous en laissons l’appréciation à plus expert que nous en la matière, même s’il nous semble qu’émane du nom de Quokelunde, – dont le plus grand défaut pour un Breton est d’être normand, sinon viking ! –, ainsi que de la légende qui s’attache à sa forêt « légendarisée », un parfum de mystère bien supérieurement authentique à celui qu’exhale Maen Roch. Par-dessus tout, il nous paraît difficile, sur le plan historique et linguistique, d’accepter sans sourciller que « l’association », ou plutôt le mélange, du breton et du gallo dans ce néo-toponyme, puisse véritablement assurer un lien avec les racines locales, sinon un lien biaisé, dans un contexte qui s’apparente à de l’enfumage : faut-il rappeler qu’en dehors de contacts ponctuels avec les Bretons établis dans la péninsule armoricaine, la situation géographique du Coglais exclue toute possibilité d’un usage généralisé de la langue bretonne par les populations locales, au haut Moyen Âge et a fortiori plus tardivement ? En fait, la « symbolique » dont parlent les élus risque surtout d’ajouter de la confusion à la confusion, dans une zone où, au demeurant, la situation du gallo elle-même, malgré des efforts méritoires, ne semble pas encore stabilisée, et cela dans le « pays » qui a sans doute vu naître Etienne de Fougères, hagiographe patenté et par ailleurs l’auteur du Livre des manières, célébré à ce titre comme un écrivain « gallésant ».

 Polémiquer sur de tels abus ne présente pas d’autre intérêt que celui de la polémique ; mais, il est permis de se demander si, à l’instar de l’hagio-marketing, dont le parc de la Vallée des saints fournit un bon exemple, le « celtisme » n’envisage pas désormais d’étendre son influence en Bretagne par le biais de la dénomination des « communes nouvelles » ?


André-Yves Bourgès




[1] Intervention de Paul Molac lors de la 2e séance  du mercredi 1er juin 2016 : « … Les noms des communes, la toponymie locale, sont dans bien des cas les fruits d’une histoire plus que millénaire. Cette histoire n’est pas celle des grands personnages, mais tout simplement du peuple, et de la langue parlée par ce peuple. Par bien des aspects, parfois linguistique, le nom de ces communes relève du patrimoine du territoire sur lequel elle se trouve (sic). Les nouveaux noms de commune font donc craindre une rupture de ces territoires avec leur histoire, une banalisation ». En ligne à l’adresse : http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2015-2016/20160202.asp (consulté le 7 janvier 2017).
[2] « De nouveaux noms de territoires… Pour quels projets ? », par le collectif Construire la Bretagne. En ligne à l’adresse : http://www.construirelabretagne.bzh/nouveaux-noms-de-territoires-quel-projets (consulté le 7 janvier 2017).
[3] J. Lebrun, « Le témoin du vendredi : Roger Brunet, nommer la France », La marche de l’histoire, France Inter, 6 janvier 2017. En ligne à l’adresse : https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-06-janvier-2017 (consulté le 7 janvier 2017).
[4] Le Mené (Collinée-Le Gouray-Langourla-Plessala-Saint-Gilles-du-Mené-Saint-Gouéno-Saint-Jacut-du-Mené), ensemble territorial correspondant à la communauté de communes (http://www.ccmene.fr/accueil/la_communaute_de_communes/son_territoire/les_communes) ; Bon-Repos-sur-Blavet (Laniscat-Perret-Saint-Gelven) ; Beaussais-sur-Mer (Plessix-Balisson-Ploubalay-Trégon).
[5] Bon-Repos-sur-Blavet ; Évellys (Moustoir-Remungol-Naizin-Remungol) ; Val d'Oust (La Chapelle-Caro-Quily-Le Roc-Saint-André).
[6] Évellys ; Val d’Oust.
[7] Évellys : le suffixe -lis est apprécié des « créatifs », comme le montrent entre autres exemples les noms du géant laitier Lactalis, de la firme de nutrition animale Évialis, ou du groupe franco-québécois de transports Keolis.
[8] Intervention de Paul Molac (cf. supra n. 1) : « La commune nouvelle issue de la fusion des communes de Plémet et de La Ferrière dans les Côtes-d’Armor, a choisi dans un premier temps le nom Les Moulins. Quelques mois après, face à l’incompréhension des citoyens et des élus de tous bords, cette commune a décidé de faire marche arrière et de conserver le nom de Plémet, fruit d’une longue histoire, et dans lequel la population se reconnaissait ». Autre problème rencontré, « la commune nouvelle issue de la fusion des communes de Mûr-de-Bretagne et de Saint-Guen, toujours dans les Côtes-d’Armor, décida de se nommer Guerlédan. Cela a suscité une véritable levée de boucliers chez les habitants et les élus des autres communes riveraines du plus grand lac artificiel de Bretagne, qui porte précisément le nom de Guerlédan. Ceux-ci estiment faire face à un accaparement égoïste et totalement antihistorique de ce toponyme ».
[9] Divatte-sur-Loire (Barbechat-La Chapelle-Basse-Mer) ; Vair-sur-Loire (Anetz-Saint-Herblon).
[10] Divatte-sur-Loire
[11]Chaumes-en-Retz (Arthon-en-Retz-Chéméré) ; Villeneuve-en-Retz (Bourgneuf-en-Retz-Fresnay-en-Retz).
[12] Ce terme se retrouve également dans le nom de l’abbaye de la Chaume (de Calma) établie à Machecoul, dans les « chaumes » toujours attestés par la toponymie : voir à proximité le four à chaux de l’île Saint-Michel. Evoquant le tracé d’un possible aqueduc gallo-romain à Arthon, Louis Bizeul, « De Rezay et du pays de Retz », Revue des provinces de l’Ouest, 4e année (1856), p. 598, donne les indications suivantes : « Les Grandes Perrières ont été ouvertes assez récemment dans un mamelon de pierre calcaire coquillière qui domine toute la Chaulme ou les Chaulmes d'Arton, et forme la partie culminante d'un monticule allongé qu'il fallait que l'aqueduc traversât pour arriver à Arton. C’est en creusant cette carrière, dont la pierre est destinée à l'alimentation d'un four à chaux et à la bâtisse, qu'on trouva l'aqueduc, à 7 ou 8 pieds de profondeur... »  Des confusions sur une base vaguement homophonique avec le toponyme Chéméré ne sont pas à exclure : tercia parte Chamariae (1055), Chameriacus (1083), Camariacus (fin XIe-début XIIe s.), Camariacus (1123), Chameré (1134), Chameriacum (1187), Chemeriacum (1259) ; voir également Chauméré en Ille-et-Vilaine, parrochia Chalmirei (1156).
[13] Entretien donné dans le cadre de l’émission radiophonique signalée supra n. 3.
[14] Voir supra n. 2.
[15] M. Brand’honneur, Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes : Habitat à motte et société chevaleresque (XIe- XIIe siècles), Rennes, 2001, p. 111.
[16] F. Mazel, « Seigneurs, moines et chanoines : pouvoir local et enjeux ecclésiaux à Fougères à l’époque grégorienne », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 113 (2006), n°3, p. 108.
[17] J.-P. Brunterc'h, « Le duché du Maine et la marche de Bretagne », H.  Atsma (dir.), La Neustrie. Les pays au nord de la Loire de 650 à 850. Colloque historique international, t. 1, Sigmaringen, 1989 (Beihefte der Francia, 16-1), p. 106.
[18] M. Brand’honneur, Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes, p. 220-221.
[19] Atlas des paysages d’Ille-et-Vilaine, « Le Plateau du Coglais ». En ligne à l’adresse : http://paysages-ille-et-vilaine.fr/IMG/pdf/Unite_Coglais_cle8ba174.pdf (consulté le 7 janvier 2017).
[20] G. A. Lobineau, Histoire de Bretagne, t. 2 [Preuves], Paris, 1707, col. 208 : il s’agit de la notice de fondation du prieuré Sainte-Croix de Vitré.
[21] F. de Beaurepaire, « Toponymie et évolution du peuplement autour de la baie du Mont Saint-Michel », Millénaire monastique du Mont Saint-Michel, t. II, [Raymonde Foreville (dir.),  Vie Montoise et rayonnement intellectuel] Paris, 1967, p.  64.
[22] H. Iglesias, Noms de lieux et de personnes à Bayonne, Anglet et Biarritz au XVIIIe siècle : origine, signification, localisation, proportion et fréquence des noms recensés, Bayonne-Saint-Sébastien, 2000. En ligne à l’adresse : https://artxiker.ccsd.cnrs.fr/artxibo-00346972 (consulté le  7 janvier 2017).
[23] H. Hiegel, « Les noms de Queuleu, Plantières et Magny », Les Cahiers Lorrains, n°3 (1972), p. 74-77.
[24] Voir l’édition critique de ce texte par C. Bougy sur le site Internet de l’Université de Caen. En ligne à l’adresse : https://www.unicaen.fr/services/puc/sources/gsp/sommaire (consulté le 7 janvier 2017) ; « la forest de Quokelunde » est mentionnée au vers 51.
[25] F. de Beaurepaire, « Toponymie et évolution du peuplement autour de la baie du Mont Saint-Michel », p.  54. Cette identification avait déjà été suggérée par G. Touflet du Mesnil, Onomastique de la Gaule sceltane. Caesar, Rouen, 1884, p. 154 ; mais les procédés farfelus et anti-scientifiques mis en œuvre par Touflet avaient, à juste titre, disqualifié son ouvrage.
[26] Th. Hersart de la Villemarqué, Poèmes des bardes bretons du VIe siècle, Paris, 1850, p. 255, n. 10.
[27] Bulletins et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, t. 7 (1870), p. xliv.
[28] Voir supra n. 4.
[29] F. Giraut, « Nouveaux noms de régions françaises et marketing territorial, ou quand le grand, le haut et le nouveau ratent ce que l’Occitan réussit », Néotoponymie, Toponomascapes en construction : études en toponymie politique, 6 juillet 2016. En ligne à l’adresse : https://neotopo.hypotheses.org/625 (consulté le 7 janvier 2017).
[30] Y. Bourel, «Granit dans le Pays de Fougères. Les effectifs ont fondu de moitié en dix ans », La Chronique républicaine, 2 juin 2017. En ligne à l’adresse : http://www.lachroniquerepublicaine.fr/2015/06/02/granit-dans-le-pays-de-fougeres-les-effectifs-ont-fondu-de-moitie-en-dix-ans (consulté le 7 janvier 2017).
[31] J.-L. Bras, « 500 tonnes de granit pour la Vallée des Saints », Ouest-France, 15 mars 2016. En ligne à l’adresse : http://www.ouest-france.fr/bretagne/500-tonnes-de-granit-pour-la-vallee-des-saints-4101804 (consulté le 7 janvier 2017).
[32] « Vallée des Saints. La fréquentation explose ! », Le Télégramme, 30 août 2016 (extrait) : «Des statues venues d'Outre-Manche. Le projet monumental de cette « île de Pâques bretonne » avance sur de très bons rails. “Ça se présente bien, en effet, confirme Sébastien Minguy, responsable administratif et financier. Pour l'année prochaine, nous avons déjà cinq à six statues financées, l'objectif étant d'en réaliser 15 en 2017”. Et d'atteindre le chiffre de 100 en 2018. Avec, là encore, une idée très ambitieuse. “Nous aimerions que quatre ou cinq sculptures puissent être faites outre-Manche, en Cornouailles anglaises et en Irlande, et que l'on réussisse à les faire venir ensuite par bateau pour qu'elles fassent symboliquement la traversée”. Un projet qui n'a d'ailleurs pas dû laisser insensible l'ambassadeur d'Irlande présent à Carnoët le week-end dernier... ». En ligne à l’adresse : http://www.letelegramme.fr/cotesarmor/vallee-des-saints-la-frequentation-explose-30-08-2016-11197700.php (consulté le 7 janvier 2017).